Les Parents parlent aux Parents

Extraits de la conférence: Comment aider nos enfants à réussir ?

 

            Chers parents, vous trouverez ci-dessous la synthèse de la conférence donnée le jeudi 25 novembre 2010 par Madame Rosetta Flochon,  coach et formatrice en réussite scolaire.

Nous espérons que ces élèments de réponse pourront vous aider à répondre à vos questionnements .

En voici la teneur:

" Les parents peuvent aider leurs enfants à réussir

 

Réussir …  enfants, adolescents enseignants et parents en ont tous le désir. Pourtant, ça coince de plus en plus. Si l’école doit changer, le rôle des parents est aussi, aujourd’hui, plus que jamais primordial.

 

Formatrice en méthodes de travail depuis 15 ans au sein d’Espace-Projet,  il m’a été donné, à ce jour, d’accompagner plus d’un millier de jeunes d’horizons différents. L’expérience m’a montré, et continue de le faire, que les jeunes participant à ces formations peuvent être regroupés en cinq catégories : 1. Ceux qui en veulent mais qui n’ont pas trouvé le mode d’emploi de l’école. 2. Les jeunes particulièrement doués n’ayant pas vraiment eu besoin de se doter d’une méthode de travail… jusqu’au jour où leur manière d’aborder les études finit par coincer (cela commence souvent en 3ème humanités). 3. Les jeunes en difficultés scolaires parce que dyslexiques, dyscalculiques, hyperactifs ou ayant de grandes lacunes dans les savoirs et les savoir-faire de base. 4.  Les jeunes qui ont désinvesti l’école, accaparés par d’autres centres d’intérêt. 5. Les jeunes en détresse psychologique plus ou moins grande, parce que ne parvenant plus à se situer dans la cellule familiale ; parce que devenus accros du cannabis et/ou de l’alcool ; ou cyberdépendants.

 

C’est le constat d’un nombre croissant de jeunes ayant désinvesti l’école - tout en la fréquentant régulièrement et sans poser de gros problèmes de comportements  - et de ceux en détresse psychologique, qui m’amène à m’adresser aux parents dans le cadre des conférences « Aider ses enfants à réussir ». Pas pour donner des recettes, et encore moins pour dire la morale. Mais plutôt pour resituer l’apprentissage et la réussite scolaire dans sa dimension holistique (globale). L’objectif étant de rendre aux parents le pouvoir (le devoir ?) qui est le leur dans la réussite de leurs enfants.

 

    

Revenir à du bon sens

 

Aider son enfant à réussir ne signifie pas en faire un « singe savant ».  L’aider à réussir c’est plutôt lui donner la possibilité - des possibilités - de développer son propre potentiel  en partant de l’idée que nous sommes « Tous différents et tous capables » et que « Réussir ça s’apprend ! ».  Commençons donc par oublier le rêve stupide du « Tous à l’université ! ». Un fantasme idéologique qui a dévalorisé les métiers techniques et manuels, créant la pénurie de main d’œuvre que l’on connaît aujourd’hui. Et qui continue de détruire l’estime de soi de nombre d’enfants et d’adolescents avec le discours généralisé : « Si tu n’es pas capable de réussir en général, tu iras  en technique ; si tu ne réussis pas en technique tu iras en professionnel, ou, pire encore, en contrat d’apprentissage !».

 

Autre idée à battre en brèche : Il n’y a pas besoin d‘être de « supers parents » pour aider son enfant à réussir : il faut juste décider d’appartenir à la catégorie de parents qui donnent, à la fois, de l’amour et des règles. En effet, les règles - pour autant qu’elles constituent des limites réalistes - permettent à l’enfant de se sentir en sécurité et de bâtir un sentiment de confiance en l’autre et en soi-même.  Le parent de type « stimulant », c'est-à-dire attentif à associer « loi » et « sécurité », dira ainsi à son enfant, par exemple : “ Mon chéri où en es-tu dans ton travail ?”

Par ailleurs, pour se sentir en confiance, l’enfant doit aussi savoir, avant toute chose, que, non seulement il a le droit à l’erreur, mais que l’on apprend de ses erreurs. Tout comme l’enfant doit être conscient qu’effort et méthode sont nécessaires pour progresser dans les apprentissages. 

 

Le mythe de la tête bien faite

 

 Une tête « bien faite » ne peut réfléchir, comparer, imaginer, créer, que si elle dispose d’un minimum de matériaux, de données stockées dans sa mémoire. A commencer par les tables de multiplication et par les règles de grammaire. La mémorisation doit donc retrouver une place dans les apprentissages, les faibles résultats des élèves wallons aux tests internationaux Pisa en sont une preuve évidente, n’en déplaisent aux inspecteurs et autres pédagogues. C’est ainsi qu’il sera utile de stimuler l’enfant à apprendre à développer une mémorisation à long terme. Comment ? En l’encourageant  à étudier 3 fois chaque leçon, des jours différents, en étant  capable - la veille de l’interrogation - de redire et de réécrire cette leçon sans sa feuille de cours.

 

  1. Qui dit mémorisation efficace dit cependant compréhension et réflexion. Avant de commencer à mémoriser, il est utile d’encourager l’enfant à s’approprier le contenu de ce qu’il doit apprendre : « Essaye de redire avec tes mots à toi » ; «  Essaye de voir dans ta tête avec tes propres images » ; « Essaye de faire des liens avec des choses que tu connais déjà », ....

 

  1. Stimuler l’enfant à se « mettre en projet » est également très performant : «Essaye de te voir en train d’écrire ce mot, en classe, sur ta feuille, dans une lettre. » Mais aussi : « Que pourrais-tu créer, imaginer à partir de ce que tu es en train d’apprendre ? »

 

  1. Autre conseil utile : apprendre progressivement à l’enfant à gérer son temps et à planifier son travail scolaire : « Combien de temps estimes-tu nécessaire pour réaliser cet exercice, pour  étudier cette leçon, pour faire cette recherche de documentation ? »

 

Gare au mirage chimique

 

Les grands défis parentaux d’aujourd’hui se situent, cependant aussi – et peut-être surtout - du côté de l’environnement matériel des études : les écrans sont aujourd’hui bien plus séduisants que les notes de cours et les livres. Tandis que l’hygiène de vie  (sommeil, alimentation) sont à revoir fondamentalement si l’on ne ne veut pas que de plus en plus de jeunes soient taxés d’hyperactifs et ne rejoignent le rang, exponentiellement grossissant des jeunes mis sous Rilatine, Concerta & Co. Les chiffres sont en effet alarmants : 6000 enfants étaient sous prescription en 2004, ils sont 26.560 aujourd’hui.

Or, on sait, à présent, qu’outre le manque de limites éducationnelles, le mode d’alimentation n’est pas sans lien avec les troubles de l’attention. Ainsi,  une étude récente publiée dans le Journal of Attention Disorders, montre une association entre le trouble déficitaire de l'attention et/ou hyperactivité (TDAH) et une alimentation "à l'occidentale" chez les adolescents. Wendy Oddy et ses collègues du Perth's Telethon Institute for Child Health Research ont analysé les données concernant 1800 adolescents dont 115 (91 garçons et 24 filles) avaient un diagnostic de TDA/H. Leur alimentation était pourtant classifiée comme saine ou de modèle occidental.

Cette étude a montré qu’une alimentation riche en aliments prêts à emporter ; en confiseries ; en aliments transformés, frits et raffinés ; en charcuterie et viandes rouges et en produits laitiers riches en gras, était associée à un risque, plus que doublé, de diagnostic de TDH/A à l’âge de 14 ans.

Les chercheurs font l’hypothèse que l’alimentation de modèle occidental ne fournit pas assez de micronutriments essentiels pour le fonctionnement du cerveau, en particulier pour l’attention et la concentration. Il contient, par ailleurs, plus de colorants et d’additifs qui ont été liés à une augmentation des symptômes du TDA/H. Est également pointée du doigt, dans la malbouffe, l’apport insuffisant d’omégas-3  (poisson, huile de lin, huile de colza), qui fournit des avantages pour la santé mentale et un fonctionnement cérébral optimal. C’est tout un travail de rééducation autour de l’alimentation qui doit donc être mené : en effet, l’impulsivité - que l’on rencontre souvent chez les enfants diagnostiqués TDA/H - conduit à de mauvais choix alimentaires tels que les collations à base de sucres rapides, en cas de faim.

 

Médiation plutôt que hache de guerre

Denier ingrédient, et non des moindres, pour aider son enfant à réussir : se donner les moyens, en tant que parents séparés ou divorcés, de ne pas mettre l’enfant au centre des enjeux belliqueux que se livre, souvent, l’ex-couple. La médiation familiale peut, à cet égard, jouer un rôle fondamental pour éviter que la hache de guerre - stimulée par les procédures judiciaires -ne soit déterrée des années durant, pour la plus grande tristesse - voire le désespoir - des enfants. "

 

Rosetta Flochon,

Coach et formatrice en réussite scolaire

www.espace-projet.be

 

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